courtiers en développement

courtiers en développement

Les "courtiers en développement" sont des acteurs qui servent d'intermédiaires pour mobiliser des ressources. Ils drainent des ressources extérieures vers leur territoire ou leur espace social. Généralement, les courtiers en développement servent d'interface entre les bénéficiaires de projets et les acteurs du développement ou entre des porteurs de projets et des financeurs.

Les courtiers locaux se positionnent comme les représentants ou l'interface entre la population locale et les porteurs de projet ou entre les porteurs de projet et les financeurs. Les courtiers peuvent être des associations locales, des élus, des représentants religieux, des individus, etc. Il est crucial de ne pas oublier que la population n'est pas un groupe homogène et qu'il faut parler des populations locales. Les courtiers sont le produit d'histoires locales et personnelles, et fonctionnent au sein de réseaux.

Sans démarches d'ingénierie sociale solides, il est impossible de s'assurer que les motivations affichées (bien public, intérêt collectif, militantisme) correspondent davantage aux besoins des acteurs et du territoire qu'à des stratégies de pouvoir et d'influence, voire d'intérêts matériels, même dans le cas d'élus ou d'associations. Au-delà des idéologies revendiquées (bien commun, etc.), leur influence repose sur leur capacité de mobilisation et d'orientation des ressources, qui peut chercher (consciemment ou non) à renforcer leur position dans l'arène locale, établissant parfois des systèmes clientélistes

Cooperation Concept

Par "courtiers locaux du développement", nous entendons les acteurs sociaux implantés dans une arène locale qui servent d'intermédiaires pour drainer (vers l'espace social correspondant à cette arène) des ressources extérieures relevant de ce que l'on appelle communément "l'aide au développement" (…). Les courtiers représentent les porteurs sociaux locaux d'un projet, ceux qui constituent l'interface entre les destinataires du projet et les institutions de développement, ceux qui sont censés représenter la population locale (ou en exprimer les "besoins") vis à vis des structures d'appui et de financement extérieures (…).

Les courtiers du développement ne tombent pas du ciel. Ils sont le produit d'histoires locales, et fonctionnent à l'intérieur de réseaux (…). La mobilisation ou la captation de ressources extérieures par ces courtiers, au profit de groupes ou collectivités au nom desquels ils entendent agir et pour lesquels ils se positionnent comme mandataires, ne peut évidemment se réduire aux motivations affichées, qui relèvent de diverses rhétoriques du bien public, de l'intérêt collectif, du dévouement aux autres, du militantisme développementiste... Il s'agit aussi de pouvoir ou d'influence, si ce n'est d'intérêts plus matériels. Les courtiers tentent donc, au‑delà des idéologies qu'ils revendiquent, de renforcer leur position dans l'arène locale (et parfois dans l'arène nationale). Un lien s'établit alors entre le courtage en développement et les systèmes clientélistes souvent signalés (bien que peu étudiés empiriquement). Mais l'influence des courtiers n'est pas seulement due à leur contrôle plus ou moins étendu et plus ou moins direct des modes d'affectation ou de redistribution des ressources que l'aide au développement permet de drainer vers le village, le quartier, la région, il dépend aussi de leur capacité de négociation et de partenariat avec les opérateurs du Nord.

Extrait de OLIVIER DE SARDAN J-P. et BIERSCHENK T. (1993) Les courtiers locaux du développement Bulletin de l’A.P.A.D disponible en ligne

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